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57 Cards in this Set

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Beginning
J'adore tout cet période quva de Vinci à Warhol.
LILI: Moi, j'aime que les impressionistes aient été des incompris.
Moi, aussi, beaucoup.
LUC: Moi je préfère la carte postale.
A l'original?
RICHARD: Moi, je suis pour qu'on leur rende tout aux Egyptiens!
Même la Venus de Milo.
LILI: Moi par contre, je suis pour que les efants regardent les sexes au musée
plutot qu'a la television.
Surtout les sexes classiques...
LUC: Oui, c'est une carpe, avec des oignons et un paysage de moulins. C'est flamand.
CHARLOTTE: Debout XVIIe.
On ne peint plus de carpe aujourd'hui, j'ai l'impression.
CHARLOTTE: D'une facon general, le poisson ne convient plus a l'art.
LUC: Ni la litterature d'ailleurs.
Tiens!
CHARLOTTE: C'est ca, les idees, la pensee, la spiritualite, etc. etc.
La fuit en avant, quoi!
LUC: C'est un petit peu le probleme.
De toute façon, moi je trouve que les gens ont trop d'esprit aujourd'hui! La tête, la tête, Il n'y a plus que l'intelligence qui compte maintenant, ça pence, et ça pense, ça file droit devant mais pour aller où?
CHARLOTTE: C'est un petit peu le problème.
Résultat, on ne peint plus de carpe.
LILI: Parce qu'on n'est rien d'autre que des animaux, en fait.
Rein d'autre?
CHARLOTTE: Rien d'autre! Ca je peux te l'assurer, Anne.
Ça fait drôle quand même.
LUC: On est des mammiferes, Anne, des mammiferes, point-trait.
C'est vrai qu'on vient du poisson!
LILI: Je suis bien d'accord.
Tu veux dire qu'on c'est trop éloigné du poisson?
LILI: Disons qu'on s'est éparpillé.
Physiquement, surtout.
LUC: La aussi tu sais ca a bougé , beaucoup.
Moi, c'est physiquement surtout que ça me frappe, par rapport à la c'est impressionnant!
RICHARD: Avant'hier, 'ai revé que j'étais un dindon qui marchait dans l'herbe sur une montagne... Eh bien, je me sentais mieux.
Mieux?
RICHARD: Si, Mais, je voyais la mer.
CHARLOTTE: Tu devais etre dans les Alpes-Maritimes.
RICHARD: Peut-etre..
Il y a des dindons, dans les Alpes-Maritimes?
CHARLOTTE: Transparent! Retrouver la mer, c'est-a-dire retrouver TA mere.
LUC: Notre mere.
LILI: Notre mere a tous.
La méditerranée?
CHARLOTTE: Non, avec un "e" la mer.
Commment ça, avec un "e", il n'y en a pas deux?
LUC: Pas la Méditerranée avec un "e", Anne la mer avec un "e", notre mere a tous avec un "e".
Attends, on le met où ce "e"?
CHARLOTTLE: A la mer, enfin au bout de la mer...
Huh?
LUC: Au bout du mot mer, si tu préfères.
Auboudumomer?!?
LILI: Anne, ce que voulait dire Charlotte, c'est qu'en ayant envie de retrouver la mer, Richard voulait en realité retrouver sa maman.
Et pourquoi il ne l'a pas dit tout de suit? Vous voyez,ça c'est l'intelligence, ça passe à droit, ça passes à gauche, ça dessèque, ça compare, et finalement, ça nuit énormément à la compréhension l'intelligence!
CHARLOTTE: En tout cas, Richard, ton rêve a la mérite de poser la vraie question : Pourquoi avons-nous quitté la mer, pourquoi sommes-nous sortis de l'eau? Pourquoi?
Moi à mon avis c'est encore l'intelligence qui nous a fait faire cette connerie.
LUC: Tu veux dire...
C'est l'arrivée de l'esprit qui nous a fait flotter.
LILI: Comme de l'air?
Exactement, le souffle de l'esprit. Ça nous a fait gonfler la tête, ça a fait bouée si tu veux, et hop! on est remonté à la surface.
RICHARD: C'est pas entièrement con.
Une fois à la surface, bien sûr, on a nagé jusqu'à la plage et comme l'intelligence ça ne sait pas s'arrêter, à peine sur la sable c'étais parti, on est devenu Aristote, Confusius, Voltaire et tout la bande... Résultat voilà où on en est: dans un musée, un samedi apres-midi, à se prendre la tête au lieu d'aller rigoler à la piscine!
CHARLOTTE: Je n'ai pas dit qu'on avait tout perdu, j'ai dit qu'on s'était perdu.
Quand même on a beaucoup perdu. Quand je pense au mal que j'ai eu pour apprendre à nager, alors que je savais déjà.
LUC: Non, il n'est jamais arrivé à pincer les cordes avec sa main gauche, lui qui démontait un carburateur les yeux fermés en vingt secondes...
Ça fout la trouille...
CHARLOTTE: J'ai simplement voulu nous raidir, nous faire retrouver l'épine dorsale, la structure calleuse, nos arêtes, nos origines, quoi! Et puis c'est le contraire qui est arrivé, nous voilà tristes, ramollis.
LILI: Mais pas du tout.
Un peu flapis quand même.
LUC: Sentiment très exactement à l'opposé de la nature de nos ancêtres.
La carpe n'a jamais le cafard?
LUC: Oh la, jamais!
Elle a pas souvent l'air gai, chez le piossonier en tout cas.
LUC: C'est probablement celle qui est la plus heureuse de tous.
LILI: Oui et tu sais pourquoi?
J'ai oublié.
LUC: Parce qu'elle est plate, c'est une surface, juste une surface.
LILI: Elle est si mince qu'elle n'a pas la place de penser.
C'est ce que je disais, elle n'a pas été gonflée par l'esprit, c'est sa chance.
LILI: Faut dire quand même qu'elle nage tres profond.
CHARLOTTE: Oui mais elle reste superficielle, elle ne descend jamais en elle-même , la sole.
Remarque, moi ça non plus je ne le fais jamais.
LILI: C'est vrai, tu es la plus gaie, la moins évoluée..
LUC: La plus en arrière....
CHARLOTTE: De loin...
LILI: Veinarde!
Je ne sais pas comment je dois prendre ça...
CHARLOTTE: Mais bien, ma chérie, très bien...
Vous n'êtes pas en train d'essayer de me dire que je suis conne comme un poisson?
LUC: Anne, Anne, Anne, je t'en supplie!
Non parce que si tout votre truc c'était pour un arriver là, déjà que moi je suis allée au musée uniquement pour vous faire plaisir, ce serait le pom pompon!
CHARLOTTE: Ce n'est pas toi qui vas te noyer dans la réflexion.
LILI: Veinarde!
C'est vrai, vous avez raison, je me porte plutôt bien, je n'ai pas à me plaindre... Mais enfin si j'ai la chance de ne pas être trop penseuse, je suis quand même sensible...
LILI: C'est moins grave.
Peut-être, mais je la ressens très fort notre glissade de la mer vers l'air ... et je vois bien qu'on arrive à l'impasse.
CHARLOTTE: Je ne peux pas te dire le contraire.
Je vois bien qu'en sortant de l'eau, on l'a perdu notre paradis terrestre.
LUC: Disons aquatique, le paradis aquatique.
Attends! C'est une image. Tu continues à croire que je suis conne ou quoi? Tu t'imagines que je ne sais pas pour la sole le paradis terrestre c'est l'enfer?!
Pardon, mais c'est parce que tout ça me tracasse et que j'ai peur qu'à force de muter, un beau jour on finisse tous comme ton frère à jouer de la trompette en Espagne.
LUC: Du tambour.
Tiens tu la vois la glissade! La dérive! On me dit tambour et deux minites après j'en suis déjà trompette... et après on s'étonne qu'on n'ait plus d'écailles... Ça fait peur quand même...
RICHARD: Calme Lili, calme...
CHARLOTTE: Elle n'a pas tort.
Moi je vous le dis, si on ne fait rien on va le payer cher!
LUC: On l'a déjà payé très cher, la dysenterie, la lèpre, la calvitie....
RICHARD: Les impots...
LILI: La Bible, le Vatican...
Le mois d'août sur la Côte d'Azur....
LUC: Il n'a pas arrête de pleuvoir, vous vous souvenez, les photos?
C'est vrai ça avait l'air tres boueux.
RICHARD: Mais qu'est-ce qui nous a pris! Bon Dieu, qu'est-ce qui nous a pris!
Et si on faisait demi-tour...?
LILI: Qu'on retourne en arrière?
Oui.
LUC: Vers la carpe?
Oui.
CHARLOTTE: Elle est loin, Anne, tres loin, même pour toi.
Non, mais doucement... tout doucement, comme ça tu vois... em ondulant un peu...sans forcer... en essayant de se rappeler.. Regarde, tu vois comme ça revient... tu sens comme on devient superficiel.. tu sens?
CHARLOTTE: Pas beaucoup.
Mais un peu...
RICHARD: Un peu c'est vrai.
Doucement... Ne frétillez pas.. laissez le ventre mou...
LUC: C'est drole, j'ai des souvenirs d'algues...
LILI: Tout est plus facile, on dirait.
On ca se diriger lentement vers le grand bassin la-bas, dehors, sur la place...
LILI: Merci, Anne, merci!
Laissez-vous porter par le courant...
LILI: On est mieux. Nom de Dieu ca s'arrange!
On n'est pas les plus heureux!
LUC: J'ai l'impression que si!
Vous allez voir, je suis sure qu'ils vont se remettre à nous peindre.